Marie
Audran
« C'est
une "machine à jouer" sans mécanique,
une virtuose ! » commente Isabelle Nanty, metteur en scène
de Julie Ferrier, pétillante actrice et brillant auteur
qui se glisse dans la peau des personnages avec un tel naturel
que cette performance très physique semble faire appel
à des effets spéciaux. C'est pourtant sans artifice,
près du public sur une minuscule scène, que Julie
interprète une à une, parfois simultanément,
ces femmes de 20 à 52 ans. Elle est d'abord Juliette, 20
ans. Capuche sur la tête, elle joue des claquettes en baskets
sur le parking de la « té-ci ». En deux secondes,
elle devient Sarah Van der Buss, prof de danse dont le hobby est
le masochisme, puis Mme Picard, conseillère d'éducation
très coincée. Soudain, elle quitte ses tailleurs
démodés et ses poils au menton pour se transformer
en superbe blonde... en pleine crise existentielle. Elle se sent
comme une grande tour, « une Twin Towers, mais toute seule
». Formidable !
Jusqu'au
28 mai. Petit Palais des Glaces. 01.42.02.27.17.
© le point 05/05/05 - N°1703 - Page 122 - 161 mots