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Cabaret Takagolrie

Mise en scène : Julie Ferrier

Avec notamment : La Famille Takagol
Julie Ferrier, Katia Charmeaux
Alexandre Ferrier, Ricou, Matthieu Pillard, Patrick Devalette
Fred Blin

Le Cabaret Takagolrie est un spectacle plein de drôlerie, de bonne humeur qui permet de passer un moment très agréable dans une ambiance bon enfant et de retrouver chaque mois la famille Takagol, avec sa galerie de personnages tous très attachants ainsi que leurs invités du mois. Depuis la première, en novembre 2001, le bouche à oreille a bien fonctionné et le cabaret fait maintenant salle comble.

Dès l’entrée on tombe sur Mademoiselle Bernadette ou Mademoiselle Klimt. Toutes deux sont irrésistibles. C’est un régal d’échanger quelques mots avec elles avant de verser son écot de 5 euros : la première derrière ses lunettes prend des mines de vierge effarouchée, on sent qu’elle est à la recherche du Prince Charmant, bref de l’amour avec un grand A. Elle connaît certainement sur le bout des doigt l’intégrale de la collection Harlequin et doit être abonnée à Nous Deux qu’elle dévore en s’enfilant une maxi boîte de chocolats. La seconde, légèrement névrosée, avec son chemisier couleur canari et sa mise en pli toute fraîche a plutôt un air bonasse, on l’imagine buraliste de province tout droit sortie d’un roman de San Antonio. Elle passe son temps à hausser les épaules, à lever les bras au ciel, ou à dodeliner de la tête.

Chaque mois, la famille Takagol a carte blanche, les soirées mêlent improvisations familiales et invités : magiciens, musiciens, comiques (ou pas !)… Chaque cabaret est unique et donc éphémère. Tout cela est mené de main de maître par Martha . Disons le tout de suite, Martha avec ses lunettes, son accent teuton, sa robette aux bretelles rebelles qui laissent apparaître un téton mignon toutes les 30 secondes et son sourire complice, est un rien destroy, je dirai même plus un rien craquante pour ne pas dire plus… A l’écoute de ce qui se passe dans la salle elle improvise en virtuose en fonction des situations et introduit les invités du mois.

Pour compléter le tableau, il y a Tino Valentino (Patrick Devalette) : avec un nom pareil tout est dit. Entre la pop star et le séducteur, Tino c’est un peu le chef de la famille, cela se voit à son air martial et légèrement dominateur; c’est lui qui donne les ordres. Tino il a un gros ego, il veut qu’on le remarque. D’ailleurs, il y parvient car il est un rien exhibitionniste, en particulier en marin dans les défilés de mode. Quand il a la forme, Tino, il se jette dans son public et remonte la scène de bas en haut puis de haut en bas.

Ensuite il y a Firmin Crapette (Fred Blin) : Firmin Crapette, c’est un peu la carpette vis-à-vis de Tino, mais c’est aussi le petit chef vis à vis de Flèche. Firmin, il est rusé, il profite toujours d’un blanc dans le spectacle pour nous faire ses confidences - une petite conversation impromptue au téléphone entre Saddam Hussein et Georges Bush ou nous faire une démonstration de ses divers talents, à la trompette par exemple.

Et puis il y a Flèche (Matthieu Pillard). Flèche il a une chance fabuleuse par rapport à bien des clowns. Il lui suffit d’apparaître sur scène pour faire rire. Le moindre de ses mouvements ou de ses regards est source de rire. Il est attachant et irrésistible avec sa grande carcasse dégingandée et son grand regard doux au fond duquel on entrevoit une petite lueur de malice comme chez les enfants quand ils savent qu’ils viennent de faire une bêtise. C’est un peu le souffre-douleur des deux autres, mais il s’en tire toujours haut la main.

Voilà, vous avez un portrait de la famille Takagol au grand complet. Ils sont tous jeunes, beaux, dynamiques et sympathiques, certains ont fait leur classes à l’Ecole Jacques Lecoq ou au Théâtre du Samovar. Ils font preuve d’une grande créativité, et se renouvellent chaque mois. Courez les voir les 19 mai et le 15 juin à Confluence. Vous ne le regretterez pas.

Philippe Derossi, mai 2003
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