Le
Cabaret Takagolrie est un spectacle plein de drôlerie, de
bonne humeur qui permet de passer un moment très agréable
dans une ambiance bon enfant et de retrouver chaque mois la famille
Takagol, avec sa galerie de personnages tous très attachants
ainsi que leurs invités du mois. Depuis la première,
en novembre 2001, le bouche à oreille a bien fonctionné
et le cabaret fait maintenant salle comble.
Dès
lentrée on tombe sur Mademoiselle Bernadette ou Mademoiselle
Klimt. Toutes deux sont irrésistibles. Cest un régal
déchanger quelques mots avec elles avant de verser
son écot de 5 euros : la première derrière
ses lunettes prend des mines de vierge effarouchée, on
sent quelle est à la recherche du Prince Charmant,
bref de lamour avec un grand A. Elle connaît certainement
sur le bout des doigt lintégrale de la collection
Harlequin et doit être abonnée à Nous Deux
quelle dévore en senfilant une maxi boîte
de chocolats. La seconde, légèrement névrosée,
avec son chemisier couleur canari et sa mise en pli toute fraîche
a plutôt un air bonasse, on limagine buraliste de
province tout droit sortie dun roman de San Antonio. Elle
passe son temps à hausser les épaules, à
lever les bras au ciel, ou à dodeliner de la tête.
Chaque
mois, la famille Takagol a carte blanche, les soirées mêlent
improvisations familiales et invités : magiciens, musiciens,
comiques (ou pas !)
Chaque cabaret est unique et donc éphémère.
Tout cela est mené de main de maître par Martha .
Disons le tout de suite, Martha avec ses lunettes, son accent
teuton, sa robette aux bretelles rebelles qui laissent apparaître
un téton mignon toutes les 30 secondes et son sourire complice,
est un rien destroy, je dirai même plus un rien craquante
pour ne pas dire plus
A lécoute de ce qui se
passe dans la salle elle improvise en virtuose en fonction des
situations et introduit les invités du mois.
Pour
compléter le tableau, il y a Tino Valentino (Patrick Devalette)
: avec un nom pareil tout est dit. Entre la pop star et le séducteur,
Tino cest un peu le chef de la famille, cela se voit à
son air martial et légèrement dominateur; cest
lui qui donne les ordres. Tino il a un gros ego, il veut quon
le remarque. Dailleurs, il y parvient car il est un rien
exhibitionniste, en particulier en marin dans les défilés
de mode. Quand il a la forme, Tino, il se jette dans son public
et remonte la scène de bas en haut puis de haut en bas.
Ensuite
il y a Firmin Crapette (Fred Blin) : Firmin Crapette, cest
un peu la carpette vis-à-vis de Tino, mais cest aussi
le petit chef vis à vis de Flèche. Firmin, il est
rusé, il profite toujours dun blanc dans le spectacle
pour nous faire ses confidences - une petite conversation impromptue
au téléphone entre Saddam Hussein et Georges Bush
ou nous faire une démonstration de ses divers talents,
à la trompette par exemple.
Et
puis il y a Flèche (Matthieu Pillard). Flèche il
a une chance fabuleuse par rapport à bien des clowns. Il
lui suffit dapparaître sur scène pour faire
rire. Le moindre de ses mouvements ou de ses regards est source
de rire. Il est attachant et irrésistible avec sa grande
carcasse dégingandée et son grand regard doux au
fond duquel on entrevoit une petite lueur de malice comme chez
les enfants quand ils savent quils viennent de faire une
bêtise. Cest un peu le souffre-douleur des deux autres,
mais il sen tire toujours haut la main.
Voilà,
vous avez un portrait de la famille Takagol au grand complet.
Ils sont tous jeunes, beaux, dynamiques et sympathiques, certains
ont fait leur classes à lEcole Jacques Lecoq ou au
Théâtre du Samovar. Ils font preuve dune grande
créativité, et se renouvellent chaque mois. Courez
les voir les 19 mai et le 15 juin à Confluence. Vous ne
le regretterez pas.
Philippe
Derossi, mai 2003
revue-spectacle.com